ANALYSE DU CYCLE DE VIE ET GESTION DE L’ENVIRONNEMENT LOCAL

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Dernouni Abdelkrim

 

 

L’une des méthodes complète et performante pour évaluer les conséquences sur l’environnement, d’un produit ou d’une activité, c’est : «  L’analyse du cycle de vie (ACV) ». Elle est utilisée de plus en plus dans les processus décisionnels car elle fournit des renseignements qui peuvent influencer les choix des matières premières et des technologies les plus appropriées. Elle est utilisée aussi pour améliorer la production, de point de vue environnement, pour réduire les rejets et économise l’énergie.
Qu’est ce qu’une ACV ?
Une ACV est la compilation et évaluation des entrants et sortants, ainsi que les impacts environnementaux d’un système de produit au cours de son cycle de vie. Les flux recensés sont calculés non pas pour des quantités physiques des produits, mais sur la base d’un service rendu équivalent, c’est ce qu’on appelle l’unité fonctionnelle. On distingue quatre étapes, en interaction entre elles : 1- Définition des objectifs (ISO 14040) ; 2- Inventaire (ISO 14041) ; 3- Evaluation des impacts (ISO 14040) ; 4- Interprétation « aide à la décision » (ISO 14043).
Approche et stratégie :
L’ACV est une approche complémentaire des évaluations d’impacts environnementaux, des études d’impacts, des études de danger, des écotoxicologues, des études épidémiologiques et autres approches qui utilisent massivement la cartographie et les connaissances biologiques, écologiques et médicales.
La réglementation algérienne n’impose pas l’adoption d’une méthode particulière, pour l’amélioration continue des produits, mais elle encourage la réduction des émissions et l’utilisation des technologies les plus propres (*). En effet, elle présente souvent des seuils à ne pas dépasser au niveau des sites de production, pris comme autant de « sources de pollution » isolées. Ainsi, de façon indirecte, dans la mesure où l’industriel veut continuer à améliorer son produit ou son service (de point de vue environnemental), les émissions (ou consommations) autorisées par produit vont baisser.
L’intuition écologique pousse à conserver le plus longtemps possible un équipement, afin notamment de ne pas gaspiller les matières qui le composent. On voit donc encourager des démarches de conception « modulaire » des produits.
Problématique:
La fin de vie des produits est l’une des préoccupations majeures des Etats et des citoyens : la capacité d’un produit à être recyclable est souvent mise en avant comme argumentaire clé montrant que le produit est respectueux de l’environnement.
Repérer les risques et les opportunités aux différentes étapes du cycle de vie des produits, aide à anticiper ces changements et à chercher le plus en amont possible des solutions qui seront à la fois fonctionnelles, économiques et stables dans le temps.
Contexte réglementaire et marché :
La réglementation algérienne relative à la gestion des déchets existe (**), il faut fixer des objectifs clairs de recyclage et de valorisation par matière et au niveau global. Cette réglementation qui se fond sur le principe de pollueur-payeur, faut-il la mettre en œuvre pour que tous les intervenants : les générateurs, les gestionnaires et les usagés, s’impliquent dans le processus de gestion intégrée des déchets dès le départ (coût intégré au prix de vente des produits). Il s’agit d’une véritable extension de la responsabilité sociétale de l’entreprise et de son périmètre juridique. La responsabilité du produit, une fois vendu, est transférée avec le transfert de propriété, mais une fois jeté par le consommateur, elle revient sur la responsabilité de son producteur.
Les applications de l’ACV :
L’utilisation des ACV par filière industrielles pour comprendre leurs impacts sur l’environnement et utiliser ces connaissances dans leurs négociations avec les services techniques et les autorités compétentes ; ce qui leur donne une capacité d’analyse critique autonome du côté de ces même services publics. C’est une approche qui permet de comparer les différents scénarios dont les enjeux peuvent êtres vitaux : l’abondant d’une technologie, d’une matière première, d’une filière entière, dont les services de l’environnement auront besoin pour déceler les points forts et les points faible et orienter les industriels vers le choix judicieux ; dans la coordination et la concertation et éviter ainsi les conflits d’intérêts contradictoires.
Exemple pratique de l’ACV :
Un exemple pertinent de la pratique des ACV est celui qui oriente le choix des investissements publics locaux ; nous citons le cas de l’incinération des déchets ménagers. L’ACV identifie cinq éléments clés : 1- Type d’énergie économisée, 2- Saturation de l’incinérateur (taille prévue), 3- Composition des ordures ménagères, 4- Température de l’incinération (de 800°C à 1200°C), 5- Type de traitement des fumées (notamment les dioxines). Ainsi, la démarche de l’ACV permet de prendre en compte le fonctionnement précis de l’incinérateur, en fonction des conditions locales spécifiques à chaque commune. Grace à l’ACV, il est possible de déterminer la meilleure solution pour l’environnement quand il s’agit de faire des choix de modes de fonctionnement des incinérateurs au sein des conditions locales : nature des déchets, quantité, tri en amont, température de fonctionnement, type de traitement des fumées, type d’énergie économisée…
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Référence :
-L’analyse du cycle de vie d’un produit ou d’un service, Laurent Grisel, Philippe Osset ; -AFNOR éditions 2008 ; -ADEME : Agence De l’Environnement et Maitrise de l’Energie ; -(*) La loi 03-10 du 19 Juillet 2003 relative à la protection de l’environnement -(**) La loi 01-19 du 12 Décembre 2001 relative aux déchets.

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